Produits de la Ferme de l'Ouest

Sur cette page vous trouverez des informations sur les différentes îles de notre archipel ainsi que plusieurs plans à télécharger.
Bien avant l'arrivée des Européens, les îles de Saint-Pierre et Miquelon, et plus précisément l'Anse à Henry, à Saint-Pierre, ont connu des occupations amérindiennes et paléo-esquimaudes dont les traces s'étendent sur une période allant de 3000 av. J.C. à 900 ap. J.C..
C'est en 1520 que le navigateur portugais João Alvares Fagundes découvrit officiellement les îles. Puis Jacques Cartier s'arrêta à Saint-Pierre lors de son second voyage de retour vers la France en 1536. La région était alors fréquentée par des navires européens et le nom de Saint-Pierre était déjà en usage.
Cependant, les premiers établissements sédentaires (principalement de pêcheurs bretons) ne datent que des années 1660. Le bourg de Saint-Pierre commença à se développer sur son site actuel, principalement au nord du port naturel, le Barachois.
En 1713, le traité d'Utrecht donna Saint-Pierre et Miquelon, la côte sud de Terre-Neuve et l'Acadie aux Anglais. Les colons français qui y vivaient furent déportés à l'île Royale (île du Cap-Breton) que la France avait conservé en plus de l'île Saint-Jean (île du Prince Edouard). Elle conserva de plus le droit de pêcher sur la côte ouest de Terre-Neuve (le futur French-shore), à condition de ne pas y entretenir des établissements permanents.
Cinquante ans plus tard, la guerre de sept ans s'acheva sur une défaite de la France et la signature du premier traité de Paris. La France dut abandonner toutes ses possessions du Canada au profit de l'Angleterre mais récupéra Saint-Pierre et Miquelon. Cette dernière colonie française en Amérique du Nord dervira à préserver et exploiter le droit de pêche national dans la région, au French-shore comme sur les bancs de Terre-Neuve.
Des Acadiens s'ajoutèrent aux pêcheurs bretons, normands et basques qui repeuplèrent les îles. Ils furent déportés plusieurs fois, au gré des constantes rivalités franco-anglaises, jusqu'à ce que le deuxième traité de Paris de 1815 rende définitivement l'archipel à la France.

Le retour de la population se fit en 1816, elle se consacra plainement à l'industrie de la pêche à la morue, sans plus jamais subir les attaques anglaises et se livra également à l'agriculture et à un élevage de subsistance.
La fin du XIXème siècle marqua l'apogée de la grand epêche à la morue. A cette époque la population comptait plus de 6000 habitants d'origine française, enrichie de nombreuses jeunes femmes de Terre-Neuve venues travailler à Saint-Pierre. Puis les crises économiques du début du XXème siècle et des années 30, après la fin de la Prohibition, provoquèrent des mouvements d'émigration vers le Canada, les Etats-Unis et la Métropole.
La population des îles s'élève aujourd'hui à plus de 7000 personnes.
Texte: Laurianne Detcheverry
Médiatrice culturelle à l'Arche
Plan de pêche (pdf 1,57 Mo)
Plan de l'île de Saint Pierre réalisé par le Bureau d'Etudes des T.P. en 1956.
Longue de 1700 m et large de 300 à 100 m, l'île aux Marins constitue une protection naturelle pour le port de Saint-Pierre.
Malgré cette proximité, (1 Km à peine) et sa petitesse (50 hectares), l'île a compté, à son apogée, près de 700 habitants.
Il s'agissait essentiellement de familles de pêcheurs qui y trouvaient des endroits favorables pour sailler (mettre à sec) leurs doris, sécher la morue sur les graves, construire des salines ...
Erigée en commune de 1892 à 1936, l'île aux Marins (l'île aux chiens jusqu'en 1931) avait mairie, écoles, église, lavoirs, phare, séchoirs, monument aux morts ... En fait on y a dénombré 150 bâtiments environ.
En 1936, une crise économique entraîne la suppression des 3 municipalités de l'archipel. En 1945, celle de l'île ne fut pas rétablie contrairement aux 2 autres mais rattachée à Saint Pierre où 2 élus la représentaient au sein du conseil municipal.
Dans les années 40, en effet, le déclin de l'île semblait inévitable. Les nouvelles techniques de pêche, les problèmes liés à l'emploi, aux soins, à la scolarité ... avaient précipité un exode amorcé dès le début du XXème siècle.
L'école ferme en 1963.
Le dernier habitant quitte l'île en 1965.
Pendant plus de 20 ans, l'île sommeille. Beaucoup de maisons sont abandonnées, abattues ou démontées.

En 1988, c'est enfin la renaissance attendue depuis longtemps. Chantiers de jeunes, reconstructions, expositions, animations ... se succèdent avec le concours de la Mairie de Saint-Pierre, du conseil Général et de l'Etat. Des particuliers participent aussi, parfois, à ce renouveau en construisant leur résidence secondaire.
Les lieux de visites peuvent rassembler maintenant un patrimoine sans égal dans l'archipel, à propos de la pêche, des naufrages, de l'architecture, de la religion ...
Avec actuellement une trentaine de bâtiments, on découvre le charme particulier de cette île que la modernité a moins touché. Plusieurs associations se démènent toujours pour continuer à la réhabiliter et à l'entretenir.
Si l'île est devenue la destination de nombreux gens de l'archipel à la rencontre de leur histoire, on la présente également comme une des cartes maîtresses du tourisme local.
Texte: Marc Dérible
Responsable des collections, Archipélitude, Saint-Pierre Animation
C’est en 1763 qu’arrivent les premiers acadiens à Miquelon. « Ils bâtissent - en hâte - des cases composées de piquets plantés en terre, sans doublage, d'une couverture en gazon et d'une cheminée en torchis de foin et de terre glaise. » ( origine : éphémérides SPM).
Le 14 juillet Le gouverneur Dangeac ordonne au baron de l'Espérance de passer à Miquelon sur le brigantin du roi Le NEPTUNE, pour y commencer l'établissement. (Origine J.Y.R 1962). La baronne de L’espérance devait y décéder le 21 mai 1770. Elle est enterrée dans le cimetière de Miquelon, où sa tombe a été restaurée en 1995 par le sculpteur martiniquais Alex Savy.
Le premier baptême d’un garçon, Jean Blaquière a eu lieu le 10 juin de la même année, et a été signalé par le père François Paul Ardillier, qui a laissé son nom à l’église et à la place.
Le premier mariage quant à lui, a eu lieu le 21 novembre de la même année, M. Jean Mouton, dit Fleury dor, soldat canonnier de la Compagnie de M. le Baron de L’espérance et Angélique Henengre. Six sous-officiers ou soldats de la garnison de Miquelon prirent femme dans cette île durant le séjour des Français de 1763 à 1778.
Le développement de Miquelon a été limité par l’absence d’un abri sûr pour les navires. Le Gouverneur Dangeac écrivait le 10 septembre 1763 : « Par contre, la rade de cette isle n’est pas tenable par les vents d’est et nord-est ce qui est cause que les Anglois n’y ont jamais eu d’établissement ny de graves pour la pêche, puisqu’on n’y a trouvé qu’une seule habitation abandonnée depuis trois ans ».

Des travaux d’aménagement d’un port dans le Grand étang ont eu lieu dès 1764. Terminés le 10 septembre de la même année, ils n’ont pas résisté à la première tempête. Le 12 novembre, le Gouverneur Dangeac écrivait « Le port de Miquelon est entièrement bouché ... ». Il a fallu attendre 1929 pour voir le premier quai à Miquelon.
Peu de données semblent disponibles pour Langlade en cette période. L’inventaire général fait par le Baron de l’Espérance, Gouverneur des îles en 1776 indique : pour Miquelon : 64 étables, 222 bêtes à cornes, 73 chevaux et 106 moutons, pour une population de 776 personnes. Est-ce que cela incluait Langlade ?
C’est à cette époque que s’est fermé définitivement le détroit qui séparait Miquelon de Langlade. Profitons-en pour indiquer que l’Isthme de Langlade s’est formé peu après la fin de dernière glaciation, il y a au moins 9 ou 10 000 ans, époque où aucun navire ne fréquentait la zone ! Cependant, comme toute légende a quelques fondements, il est évident que la fermeture du chenal a été accélérée par les naufrages. Daniel Gauvain, dans l’Almanach du centenaire édité en 1916 écrit que : « de 1757 à 1781, cette dune était traversée par un canal d’environ 485 mètres de largeur et d’environ 330 mètres de longueur. A mer basse, on y avait de 3 m .24 à 4m.86 d’eau, ce qui permettait le passage à tous les navires de pêche. ».
Miquelon-Langlade a subi les mêmes drames et péripéties que Saint–Pierre jusqu’en 1793.
Le 16 juin 1816 l’Aminthe et la Brestoise amenèrent à Miquelon plus de 300 habitants dont la plupart s’est consacrée à la pêche.
De nombreuses fermes ce sont développées sur Miquelon-Langlade, notamment sur et aux abords de l’Isthme qui procurait d’importants pâturages et terrains de fauche. Dès 1819, un « jardinier du Roy » est venu faire des essais de cultures sur Langlade.
Si l’on pouvait vivre (ou survivre ?) sur une ferme à cette époque, les besoins créés par la société moderne, le rendement, la compétitivité, ont rendu difficile la survie de ces exploitations dont les dernières ont disparu dans les années 1970. Actuellement il n’existe qu’une exploitation qui élève des moutons et cultive des fraises et quelques autres produits sur l’Isthme.

La Commune de Miquelon-Langlade existe depuis la création de cette institution en 1872. Le premier maire, élu le 29 décembre 1872, M. Victor Briand a démissionné le 16 septembre 1878.
Les communes ont été supprimées par décret le 4 juin 1936. A Miquelon, un fonctionnaire remplace l’administrateur, c’est le Délégué du Service local. La Commune de Miquelon-Langlade fut rétablie le 13 novembre 1945 et Clément Poirier élu maire le 5 décembre, il devait être réélu plusieurs fois pour un total de 16 ans et 4 mois, le plus long mandat effectué à Miquelon.
La pêche à Miquelon a, bien entendu, été l’activité principale, mais la plupart des miquelonnais possédait un jardin potager, nombreux étaient les propriétaires de vaches, chevaux, moutons, porcs. C’est cet ensemble de ressources qui a permis à la population de Miquelon de vivre.
Suite aux problèmes récents et bien connus de la pêche, l’aquaculture tente de prendre la relève avec, depuis quelques années un élevage de Coquilles St–Jacques.
Miquelon-Langlade, c’est aussi presque 200 km² d’une nature très diversifiée : tourbières, prairies, collines, boisements, dunes, lagunes etc. Dans un si petit territoire, la géologie y est complexe, le Cap de Miquelon est métamorphique, la Grande Miquelon est volcanique alors que la majeure partie de Langlade est sédimentaire. A cela s’ajoute l’Isthme, formation récente qui enserre dans sa partie nord la lagune du Grand Barachois, biotope remarquable et d’importance régionale avec ses populations de phoques veaux-marins et gris, d’un intérêt touristique certain. C’est aussi un havre de paix en fin d’été et durant tout l’automne pour des milliers de limicoles (oiseaux de rivages), pour plusieurs centaines de canards de l’automne au printemps et, du printemps à l’automne pour deux espèces de Sternes : pierregarin et arctique. Le Conservatoire du Littoral a récemment acquis des terrains sur l’Isthme, lui assurant la protection dont il a besoin.
Insistons sur la diversité des paysages : le Cap est unique et l’un des sites les plus pittoresques de l’archipel, les côtes de Langlade sont remarquables avec les belles falaises de l’est et du sud, et les pentes herbeuses de la côte Ouest. En revanche, la plupart des côtes de Miquelon sont basses et accessibles.
La flore y est variée, plus de 600 espèces de plantes (n’incluant pas les mousses et les lichens) comprenant notamment 21 espèces d’orchidées. C’est aussi plus de 300 espèces d’oiseaux répertoriées depuis une trentaine d’années. Les eaux sont environnées, du printemps à l’automne, de mammifères marins : baleines et dauphins. Du fait des glaciations, les mammifères sont rares et pour la plupart introduits volontairement pour la chasse et dans l’ordre chronologique : lièvre variable, cerf de Virginie, lièvre arctique, ou accidentellement : rats, souris, campagnol de Pennsylvanie. Seul le renard roux est d’origine inconnue, même si l’on peut penser qu’il a pu traverser sur les glaces entre l’archipel et Terre–Neuve lors d’un gel exceptionnel. Enfin, un seul batracien, la grenouille verte a été introduite en 1934. Elle est maintenant commune dans tout l’archipel.
De plus en plus de touristes recherchent des destinations exotiques qui ne sont pas obligatoirement faites de cocotiers ! Miquelon-Langlade possède un potentiel dans ce domaine, petit pays encore assez préservé mais vulnérable, qui ne conservera son intérêt que si l’on prend conscience de sa fragilité.
Miquelon, 3 Septembre 2006
Texte: Roger Etcheberry
Plan de Langlade (pdf 2,71 Mo)
Plan de Langlade de 1983 avec table des lieux.